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La recherche en radiothérapie se structure

La fédération Claude Lalanne a pour objectif de structurer la recherche en radiothérapie entre les laboratoires de recherche d'Université Côte d'Azur et le pôle de radiothérapie du Centre Antoine Lacassagnede Nice. Cette structure unique permet aux deux établissements une mutualisation des compétences et des ressources par le regroupement de différents chercheurs ayant comme dénominateur commun le traitement par radiations ionisantes et la mise en application les résultats de ces recherches au bénéfice du patient.


Publication : 17/12/2018
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La radiothérapie est une technique de traitement locorégional qui vise à détruire les cellules cancéreuses par interaction des rayonnements ionisants (« rayons ») avec la matière. Elle est intégrée au parcours de soin de plus de la moitié des patients atteints d’un cancer. Aujourd’hui les avancées médicales et technologiques continuent d’ouvrir de nouvelles perspectives et, plus que jamais, la recherche en radiothérapie est devenue résolument multi-disciplinaire. 

La fédération Claude Lalanne, une structure de recherche inédite

C’est pour répondre à ce besoin de transdisciplinarité qu’a été créée, à Université Côte d’Azur, une structure de recherche inédite : la Fédération Claude Lalanne. Elle regroupe, autour du Centre Antoine Lacassagne (CAL, Réseau UNICANCER), centre de lutte contre le cancer de Nice, les laboratoires de recherche académiques d'Université Côte d’Azur en médecine, biologie et sciences du vivant, physique, chimie, mathématiques et traitement de l'information. " Nous avons aujourd’hui au CAL de Nice un plateau de radiothérapie quasiment unique en Europe avec toutes les techniques d’irradiation disponibles. Nous avons un panel d’outils thérapeutiques très complet et il est logique d’en faire bénéficier l’ensemble des chercheurs des laboratoires d’Université Côte d'Azur pour mener à bien des projets de recherche, explique le Pr Hannoun-Levi, co-responsable de la fédération Claude Lalanne. "Le projet a été initié par le Pr Jacques Darcourt (1) et le Dr Thierry Pourcher (2) puis Franck Mady et moi-même avons pris le relai pour organiser et animer cette fédération".

Cette fédération s’est rapidement organisée autour de 5 thématiques différentes. Chacune de ces 5 thématiques est pilotée par un binôme composé d'un membre médecin ou physicien du pôle de radiothérapie du CAL et d'un chercheur ou enseignant-chercheur d'un laboratoire d'Université Côte d'Azur qui travaille sur la recherche en radiothérapie.

1. Détecteurs et accélérateurs 
2. Imagerie et positionnement
3. Calcul de la dose
4. Interactions des rayonnements avec le vivant
5. Recherche clinique et modélisation en radiothérapie

La fédération Claude Lalanne regroupe 9 laboratoires de recherche en médecine, biologie et sciences du vivant, physique, chimie, mathématiques et traitement de l'information, CHU de Nice et le Centre Hospitalier Princesse Grace de Monaco. Elle a été baptisée en hommage au Professeur Lalanne, disparu en décembre 2017, qui fut un Professeur de Radiothérapie à l’Université de Nice, émanent radiobiologiste et directeur du CAL de 1970 à 1985, époque à laquelle il a initié le projet du premier cyclotron au CAL (irradiations occulaires par proton thérapie au CAL depuis 1991).

La radiothérapie, une pratique médico-technique multi-disciplinaire

"La radiothérapie est une pratique médico-technique multi-disciplinaire, précise Franck Mady, maitre de conférences à l'Institut de Physique de Nice et co-responsable avec le Pr Hannoun-Levi de la fédération Claude Lalanne "car pour réaliser un traitement par irradiation, il faut de l’imagerie pour analyser les contours de la tumeur à irradier et ceux à épargner, du calcul numérique pour connaitre la répartition de la dose dans le corps du patient, du traitement de l'image pour le contourage, des accélérateurs de particules pour irradier le patient". Donc le traitement nécessite des mathématiques, du traitement de l’image, d'informatique, de la physique, de la chimie et de la biologie bien entendu ! "C’est une discipline médicale qui se nourrit d’autres disciplines et cela avait du sens de fédérer les différentes expertises des laboratoires au profit des progrès en radiothérapie", conclut le chercheur.

La fédération essaye également d’analyser la radiothérapie sous un angle de sciences humaines : comment analyser de façon concomitante le vieillissement de la population sachant que l’âge est un des facteurs les plus importants de développement du cancer et quelles seront les modalités médico-techniques que les radiothérapeutes sur le plan technique auront à mettre en avant pour essayer de répondre à l'offre de soin. "En 2050 les plus de 65 ans représenteront près de 25% de la population mondiale cela représente un impact colossal tant sur le plan financier que sur notre capacité en termes d’offre de soins. Des pans entiers de la radiothérapie ou de l'immunothérapie s'offrent à nous et il faut savoir si nous pouvons adapter les protocoles actuels établis pour des patients de 50 ans à des patients de 90-95 ans. Nous allons être confrontés à de nombreux sujets âgés qui présenteront un voire plusieurs cancers, parfois associés à des maladies chroniques comme le diabète ou l'hyper-tension qui ne vont pas avoir le même profil que des sujets plus jeunes. La radiothérapie est un des trois outils essentiels en cancérologie (avec oncologie médicale et la chirurgie) et le moins coûteux. A nous de l'adapter aux enjeux épidémiologiques de demain" confie le Pr Jean-Michel Hannoun-Levi.

Le colloque inaugural de cette fédération s'est tenu le 11 décembre à l'amphithéâtre du Centre Antoine Lacassagne avec en invités d'honneur le professeur Eric Deutsch, Directeur du département d’oncologie à l’Institut Gustave Roussy (Gustave Roussy Cancer Campus, Grand Paris), et le professeur Katia Parodi, directrice du Département de Physique Médicale et Présidente de l’association Allemande de physique médicale de Université Ludwig Maximilians de Munich.

Contacts :

(1) Professeur des universités - praticien hospitalier Chef du pôle d'imagerie et responsable médecine nucléaire

(2) Directeur de l'UMR Transporteurs, Imagerie et Radiothérapie en Oncologie (TIRO)