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La VAE Doctorat en développement à Université Côte d’Azur

La Validation des acquis de l’expérience (VAE) pour obtenir un diplôme de doctorat est en progression dans les universités françaises. A Université Côte d’Azur, depuis sa mise en application en 2014, 5 VAE doctorat ont été validées, permettant à des candidats du secteur privé et public d’obtenir le grade de docteur grâce à leur expérience professionnelle.


Publication : 30/04/2019
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La validation des acquis de l'expérience (VAE) est une voie de certification qui permet à toute personne, quels que soient son âge, son niveau d'études ou son statut, de faire valider les acquis de son expérience pour obtenir une certification professionnelle.  Mise en place par la loi de modernisation sociale de 2002 et le décret de 2017, la VAE concerne tous les niveaux d’études du BEP/CAP au doctorat. 

L’Université Nice Sophia Antipolis puis, depuis sa création, Université Côte d’Azur, ont appliqué cette procédure et validé ainsi les acquis de l’expérience de plus de 1700 candidats. Si la plupart des VAE concerne les diplômes de licence et master, Université Côte d’Azur applique également, depuis 2014, la VAE doctorat. Cette voie de certification permet ainsi à un candidat de soutenir une thèse et donc d’obtenir le grade de docteur sans avoir à faire au minimum 3 années de recherche en laboratoire mais en s’appuyant sur une expérience professionnelle comparable. 

Selon une enquête ministérielle récente (Bilan Doctorat par VAE, Ministère de l’Education Nationale, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Mai 2018), le doctorat VAE a concerné en France une centaine de candidats de 2006 à 2017 avec une nette progression depuis 2016-2017. « Il y a eu un démarrage assez lent de la VAE doctorat dans les universités françaises, explique Robert Marsault, chargé de mission VAE au sein du service de Formation Continue, Asure Formation, au rythme d’une par an les premières années pour arriver à 25 par an en 2016-2017 ».

Les Université Pierre et Marie Curie et de Strasbourg sont les pionnières en la matière avec 13 VAE doctorats. « A Université Côte d’Azur, nous en sommes à 5 VAE doctorat soutenues depuis 2014, 4 en sciences de la vie et une en mathématiques », confie le chargé de mission.

Une procédure similaire

La VAE doctorat s’inscrit dans le processus général de la VAE et la même procédure s’applique que pour les autres demandes. Elle passe par le bureau VAE du service de formation continue. « Ce qui change pour une VAE doctorat, précise Robert Marsault, c’est qu’une attention particulière va être portée aux pré-requis (le nombre de publications, la capacité à gérer un projet, etc.) ». Si la recevabilité administrative est donnée, de la même façon pour toutes les VAE, le dossier est envoyé au responsable du diplôme, c’est-à-dire au directeur de l’école doctorale concernée dans le cas du doctorat. 

Le dossier est alors présenté devant le collège des études doctorales composé du Vice-Président Recherche et des directeurs des 6 écoles doctorales puis le candidat est autorisé ou pas à mener sa VAE.

S’il est autorisé, un accompagnateur de thèse, titulaire d’une HDR, l’aidera dans la rédaction de son mémoire de thèse. Ce mémoire sera constitué des mêmes éléments qu’un mémoire de thèse « classique » et fera apparaître les titres et travaux, une introduction, un état des recherches dans le domaine et une conclusion avec une mise en perspective critique des résultats. Le jour de la soutenance, le jury peut refuser la validation ou se prononcer pour une validation partielle ou totale. 

« Pour Université Côte d’Azur, la VAE Doctorat permet de développer ses relations avec les entreprises du territoire en leur permettant de faire monter en compétences et en responsabilités ses salariés. » conclut Robert Marsault.

 

Témoignage d’Eros Gabellini, premier docteur en mathématiques par le biais de la VAE doctorat

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Ingénieur Aérospatial de l’Ecole Polytechnique de Milan, passionné par les nouvelles technologies et l’innovation. Déjà pendant mes études supérieures, j’ai été fasciné par la possibilité de décrire les lois de la physique du monde réel par des équations mathématiques, qui, bien que complexes, peuvent être résolues grâce aux capacités de calculs apportées par l’informatique. Et cela afin de modéliser et obtenir des prédictions fiables et réalistes des phénomènes physiques, comme le comportement d’un avion en vol ou d’une sonde spatiale en voyage dans le système solaire.

Le début de ma carrière a été caractérisé effectivement par une forte activité de développement de méthodes numériques appliquées à l’ingénierie, et leur utilisation sur de vrais problèmes industriels (dans des centres de recherche comme le CRS4 et le JRC Ispra et au sein de la R&D d’un éditeur de logiciels de calcul, Samtech S.A.). Ensuite, pendant une période de 15 ans au sein de Samtech, j’ai évolué vers des fonctions de direction technique, commerciale et de dirigeant d’entreprise, qui m’ont permis de m’interfacer avec les meilleurs spécialistes de grands groupes internationaux et participer à des projets d’ingénierie sur des technologies de pointe, auxquelles la simulation numérique a pu apporter une grande valeur ajoutée.

Comment s’est déroulée la procédure de VAE depuis la prise de contact avec le service de VAE jusqu’à la soutenance ? Quel a été l’accompagnement d’Université Côte d'Azur à ce sujet ?

La procédure de VAE s’est très bien déroulée, et l’aide apportée par le service de VAE a été important pour moi, compte tenu de mon emploi du temps assez chargé au niveau professionnel. Le service VAE m’a facilité toutes les tâches administratives et a mis à ma disposition toutes les ressources et les accès nécessaires pour me "replonger" dans les aspects scientifiques préparatoires à la thèse.

Le support d’Université Côte d’Azur a aussi été très important car le rôle de mon accompagnateur, le Pr Didier Clamond a été fondamental : après beaucoup d’années dans l’industrie, il a été nécessaire de pouvoir se confronter en continue, afin de guider la préparation d’une thèse qui s’articule sur des sujets multiples, bien que liés par la combinaison de mathématiques et ingénierie. Le Pr Clamond a réussi à m’aider et me conseiller sur comment harmoniser, dans un travail logique, mes expériences les plus significatives pendant 20 ans d’activités dans ce demain. Le fait qu’il ait eu aussi une expérience dans l’industrie nous a certainement facilité la relation et la compréhension réciproque. Grace à lui, lors de la préparation de ma soutenance, j’ai aussi réussi à orienter la présentation de manière efficace en fonction d’un public comme celui du jury de thèse, auquel on a rarement l’occasion de s’interfacer après avoir terminé les études universitaires.

A quelles difficultés vous êtes-vous confronté ?

Les difficultés principales ont été liées à mon emploi du temps assez chargé au niveau professionnel : ce projet de thèse en VAE a été réalisé pendant mon temps libre, soirées, week-end et périodes de vacances… 

Heureusement, la spécificité de mon parcours, qui m’a permis de continuer à cultiver et à m’occuper des aspects mathématiques appliquées à l’ingénierie, et de rester "connecté" à ses évolutions, m’a facilité la tâche d’étude bibliographique sur l’état de l’art actuel et la rédaction du manuscrit, car en général c’est assez rare de pouvoir maintenir un tel background dans l’industrie.

Sinon, du point de vue pratique, j’avais un peu sous-évalué l’ampleur des deux taches : écrire un manuscrit qui soit un assemblage logique et harmonieux sur les activités traitées pendant 20 ans d’expériences, et synthétiser cela dans une présentation de 40’-45’ en préparation de la soutenance !

Quels conseils donneriez-vous à un prochain candidat VAE doctorat ?

Mon premier conseil est de bien choisir l’accompagnateur : il faut bien évidemment trouver quelqu’un qui maitrise les disciplines à traiter, mais avec une connaissance du monde industriel, qui est d’ailleurs à la base de l’esprit d’un doctorat en VAE. Pour cela, il faut travailler avec le service VAE et Université Côte d’Azur, car ce choix est un facteur clé pour la réussite du projet VAE.

Et de manière générale je dirais, dans les limites du possible, se réserver du temps en plus des soirées, week-end et périodes de vacances, surtout pour garantir une certaine continuité et ne pas être trop dérangé lors de la phase d’écriture du manuscrit et de la préparation de l’exposé.