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Renouvellement cellulaire : des différences existent entre les mâles et les femelles

Dans les organes qui ne font pas partie du système reproducteur, on suppose souvent qu’il n’existe pas de différences importantes entre les sexes. L’équipe du Dr Andreas Schedl, Directeur de recherche Inserm à l’Institut de Biologie Valrose a mis en évidence des différences majeures, entre mâles et femelles, dans le renouvellement cellulaire de la glande surrénale. Leurs travaux publiés le 16 Mai 2019 dans la revue Cell Stem Cell soulignent la contribution à ce processus d’une population de cellules souches spécifiques chez les femelles adultes.


Publication : 07/06/2019
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Il est maintenant bien établi que de nombreux organes se renouvellent constamment en utilisant des populations de cellules souches afin d’assurer leur bon fonctionnement tout au long de la vie adulte. La glande surrénale répond à ce mode de renouvellement naturel mais les processus mis en œuvre restaient à établir. La glande surrénale sécrète des hormones qui régulent des fonctions vitales notamment la pression sanguine, la réponse immunitaire ou encore le stress.

Par conséquent, le fonctionnement optimal de cet organe est nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme. Le laboratoire d’Andreas Schedl (iBV, Nice) vient de démontrer que les cellules de la glande surrénale sont sujettes à un renouvellement constant, cet organe étant entièrement renouvelé en quelques mois. Etonnamment, ce renouvellement dépend du sexe de l’individu et se produit trois fois plus rapidement chez les femelles que chez les mâles. Ce dimorphisme sexuel n’est pas seulement dû à un taux beaucoup plus élevé de divisions cellulaires mais implique également une population supplémentaire de cellules souches chez la femelle.En accord avec ces différences entre mâles et femelles, la prolifération et le recrutement des cellules souches sont inhibés par les hormones sexuelles mâles produites par les testicules.

Ces résultats ont un certain nombre d’implications importantes pour la recherche médicale. Tout d’abord, cette étude démontre que des organes longtemps considérés identiques entre hommes et femmes peuvent présenter de profondes différences entre les deux sexes, notamment en ce qui concerne le comportement des cellules souches. Cet article souligne donc l’importance d’étudier les processus biologiques dans les deux sexes, un concept longtemps négligé par les chercheurs et les groupes pharmaceutiques. De plus, cette étude pourrait expliquer pourquoi les femmes sont plus susceptibles de développer des maladies surrénaliennes. En effet, certains types de cancer de cet organe sont jusqu’à six fois plus fréquents chez les femmes que chez les hommes et le renouvellement cellulaire accru observé chez les femelles pourrait être à l’origine de ce remarquable biais sexuel. Enfin, le fait que la différence de renouvellement soit sous contrôle hormonal pourrait également offrir des opportunités intéressantes pour le développement de nouveaux traitements des maladies surrénaliennes.