Doctorant
M. Yorick Secretin
Coordonnées
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- Yorick.SECRETIN@univ-cotedazur.fr
Discipline(s)
Lettres et sciences humaines > Philosophie
Discipline(s) enseignée(s)
Philosophie et théorie psychanalytique.
Thèmes de recherche
Anthropologie philosophique
Théorie et clinique psychanalytique
Phénoménologie
Matérialisme
Théorie du langage
Réalismes contemporains
Activités / CV
Titre de la thèse
L’irréalité humaine. Essai sur la matérialité du champ humain
sous la direction de Grégori Jean
Mots-clés
humain, corps, langage, inconscient, irréalité, matérialisme, anthropologie philosophique, phénoménologie, psychanalyse, universalisme postcritique
Argument
Par-delà et à rebours d’une longue maturation de la pensée philosophique occidentale, le présent travail se propose d’explorer l’hypothèse d’une caractérisation nouvellement universelle, et ce faisant postcritique, du proprement humain. Si l’urgence d’une détermination du propre de l’humain pourra paraître inactuelle tant le champ intellectuel contemporain semble être l’espace d’une querelle renouvelée des universaux, laissant l’hypothèse d’une unité du genre humain reléguée au sein d’un champ de différences comme de perspectives — à sa lisière comme différence entre humain et non-humain, et en son sein comme différence historique et culturelle des humanités, ou encore différence de races comme de sexes —, au nom d’une critique légitime des figures de la raison dominatrice, il n’en reste pas moins que l’enjeu d’une détermination postcritique et positive de ce que recouvre notre champ humain demeure, et nous semble être le véritable enjeu de ces déconstructions émancipatrices. Cette crise est au fond celle, critique, de la postmodernité occidentale comme crise de la réalité, avec quoi le présent travail entend s’expliquer.
Car enfin, si de telles critiques se sont accordées à destituer la subjectivité moderne et les figures métaphysiques de l’humanisme classique, elles n’en ont pas pour autant suspendu la logique fondamentale. En dénonçant l’absolutisme du sujet de la modernité occidentale comme principe de domination et de réification du réel comme de l’humain, elles ont laissé subsister ce qui en constituait le ressort véritable : le principe de réalité, c'est-à-dire la prétention absolutoire de la pensée à décider du réel, déplaçant seulement cette puissance vers une pluralité de régimes de rationalités, de dispositifs symboliques ou d’ontologies, plutôt que d’en reconnaître le caractère illusoire pour une détermination féconde de l’humanité de l’homme. Or, le problème de la modernité n’était-il pas la subjectivité de son universel plutôt que l'universalité de son sujet ? Ce faisant, notre postmodernité aura conservé intacte la prétention réaliste qui animait déjà la métaphysique classique : celle d'un sujet humain, fût-il désormais relatif, toujours légitime dans son institution souveraine d’un sens du réel. C’est cet absolutisme de la pensée que reconduisent également les nouvelles figures philosophiques du réalisme, lorsqu'elles prétendent restaurer l’autorité du réel sans mettre en question la structure même de cette prétention.
Là-contre, notre recherche entend formuler le sens d'un universalisme postcritique, dont l'enjeu sera de dépasser l’antinomie postmoderne en accomplissant la critique de la rationalité moderne, non plus en pluralisant les figures de l'absolu sur un modèle hérité de la métaphysique classique mais en destituant la structure même qui les rend possibles : la prétention du sujet à constituer le réel. À cet égard, la psychanalyse, singulièrement dans son élaboration lacanienne, marque un tournant demeuré philosophiquement inaperçu. En découvrant que le sujet n'est pas le fondement de l'expérience mais l'effet produit d'une division introduite par le langage sur le vivant humain, elle ouvre la possibilité d'une tout autre compréhension de l’apparaître comme de sa logique. Le langage n'y est plus conçu comme l’instrument relatif et pluralisable par lequel un sujet se rapporte au réel, mais comme la matérialité qui, divisant le vivant, institue l’inconscient singulier et produit l'apparaître lui-même, dont le sujet n'est qu'un effet ; d’où procèderait ainsi l’humanité de tout sujet. Dès lors, l'universalité humaine ne sera plus à chercher du côté d'une raison commune, ni dans la pluralité de ses figures, mais dans cette condition langagière universelle qui fait de tout vivant humain un parlant singulier, ce que la thèse matérialiste et transcendantale de l’irréalité humaine devra attester comme le paradoxe d’un champ d’apparaître universel de chairs parlantes insues à elles-mêmes.
L’irréalité humaine. Essai sur la matérialité du champ humain
sous la direction de Grégori Jean
Mots-clés
humain, corps, langage, inconscient, irréalité, matérialisme, anthropologie philosophique, phénoménologie, psychanalyse, universalisme postcritique
Argument
Par-delà et à rebours d’une longue maturation de la pensée philosophique occidentale, le présent travail se propose d’explorer l’hypothèse d’une caractérisation nouvellement universelle, et ce faisant postcritique, du proprement humain. Si l’urgence d’une détermination du propre de l’humain pourra paraître inactuelle tant le champ intellectuel contemporain semble être l’espace d’une querelle renouvelée des universaux, laissant l’hypothèse d’une unité du genre humain reléguée au sein d’un champ de différences comme de perspectives — à sa lisière comme différence entre humain et non-humain, et en son sein comme différence historique et culturelle des humanités, ou encore différence de races comme de sexes —, au nom d’une critique légitime des figures de la raison dominatrice, il n’en reste pas moins que l’enjeu d’une détermination postcritique et positive de ce que recouvre notre champ humain demeure, et nous semble être le véritable enjeu de ces déconstructions émancipatrices. Cette crise est au fond celle, critique, de la postmodernité occidentale comme crise de la réalité, avec quoi le présent travail entend s’expliquer.
Car enfin, si de telles critiques se sont accordées à destituer la subjectivité moderne et les figures métaphysiques de l’humanisme classique, elles n’en ont pas pour autant suspendu la logique fondamentale. En dénonçant l’absolutisme du sujet de la modernité occidentale comme principe de domination et de réification du réel comme de l’humain, elles ont laissé subsister ce qui en constituait le ressort véritable : le principe de réalité, c'est-à-dire la prétention absolutoire de la pensée à décider du réel, déplaçant seulement cette puissance vers une pluralité de régimes de rationalités, de dispositifs symboliques ou d’ontologies, plutôt que d’en reconnaître le caractère illusoire pour une détermination féconde de l’humanité de l’homme. Or, le problème de la modernité n’était-il pas la subjectivité de son universel plutôt que l'universalité de son sujet ? Ce faisant, notre postmodernité aura conservé intacte la prétention réaliste qui animait déjà la métaphysique classique : celle d'un sujet humain, fût-il désormais relatif, toujours légitime dans son institution souveraine d’un sens du réel. C’est cet absolutisme de la pensée que reconduisent également les nouvelles figures philosophiques du réalisme, lorsqu'elles prétendent restaurer l’autorité du réel sans mettre en question la structure même de cette prétention.
Là-contre, notre recherche entend formuler le sens d'un universalisme postcritique, dont l'enjeu sera de dépasser l’antinomie postmoderne en accomplissant la critique de la rationalité moderne, non plus en pluralisant les figures de l'absolu sur un modèle hérité de la métaphysique classique mais en destituant la structure même qui les rend possibles : la prétention du sujet à constituer le réel. À cet égard, la psychanalyse, singulièrement dans son élaboration lacanienne, marque un tournant demeuré philosophiquement inaperçu. En découvrant que le sujet n'est pas le fondement de l'expérience mais l'effet produit d'une division introduite par le langage sur le vivant humain, elle ouvre la possibilité d'une tout autre compréhension de l’apparaître comme de sa logique. Le langage n'y est plus conçu comme l’instrument relatif et pluralisable par lequel un sujet se rapporte au réel, mais comme la matérialité qui, divisant le vivant, institue l’inconscient singulier et produit l'apparaître lui-même, dont le sujet n'est qu'un effet ; d’où procèderait ainsi l’humanité de tout sujet. Dès lors, l'universalité humaine ne sera plus à chercher du côté d'une raison commune, ni dans la pluralité de ses figures, mais dans cette condition langagière universelle qui fait de tout vivant humain un parlant singulier, ce que la thèse matérialiste et transcendantale de l’irréalité humaine devra attester comme le paradoxe d’un champ d’apparaître universel de chairs parlantes insues à elles-mêmes.