Du parfumeur au médecin en passant par le chercheur : l’interdisciplinarité au service de la prise en charge des troubles olfactifs post-COVID 19.

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Publié le 8 octobre 2020 Mis à jour le 9 octobre 2020
Date(s)

le 18 septembre 2020

Evaluation des troubles olfactifs précédant la prise en charge au sein de l’Institut Universitaire de la Face et du Cou (Dr Vandersteen)
Evaluation des troubles olfactifs précédant la prise en charge au sein de l’Institut Universitaire de la Face et du Cou (Dr Vandersteen)

Un groupe de recherche pluridisciplinaire composé de chercheurs en neurosciences et en chimie d’Université Côte d’Azur, de médecins ORL et pédopsychiatres du CHU de Nice et d’industriels du secteur de la parfumerie vient de mettre au point une étude visant à vérifier l’efficacité d’une rééducation olfactive sur la récupération de l’odorat des patients post-COVID. Elle permettra ainsi de calibrer un traitement afin que les malades puissent rapidement retrouver leur sens.

Les troubles olfactifs sont centraux dans le virus SARS-CoV-2 (responsable de la COVID-19). Selon différents auteurs, il existe des troubles de l’olfaction et de la gustation chez 15 à 85 % des patients atteints. Aussi, si une récupération olfactive spontanée est observée pour environ 44 % à 74 % des cas (dont 73 % des patients récupèrent dans les 8 jours), de récentes données soulignent que l’anosmie pourrait durer jusqu’à 12 mois. 

Souvent oubliée, l’olfaction est pourtant loin d’être un sens anodin. En effet il est un sens essentiel permettant d’assurer le maintien d’une bonne qualité de vie. Un trouble olfactif peut ainsi risquer d’altérer la qualité de vie, mais également d’augmenter les risques d’un déficit nutritionnel, du développement de troubles de l’adaptation, d’une dépression ou d’un état anxieux.

Sa prise en charge est, par conséquent primordiale et a incité un groupe de recherche pluridisciplinaire à mettre en place une étude visant à vérifier l’efficacité d’une rééducation olfactive sur la récupération de l’odorat des patients post-COVID.

Une équipe pluridisciplinaire

Les acteurs du projet mêlent ainsi des experts en neurosciences :

- Magali Payne, doctorante et Dr. Auriane Gros, Maître de Conférences du Laboratoire CoBTek d’Université Côte d’Azur
- Xavier Fernandez de l’Institut de Chimie de Nice d’Université Côte d’Azur et CNRS
- Payan Bertrand, Laure Saint-Lary et Aude Galouye, Parfumeurs et Philippe Berodias, Directeur Général Bougie & Senteur
- Clair Vandersteen, ORL et Louise-Emilie Dumas et Emmanuelle Dor-Nedonsel, pédopsychiatres.

Une étude menée sur 20 patients

L’étude menée à Nice concerne un groupe d’une vingtaine de patients ayant un antécédent d’infection COVID-19 dépisté par RT-PCR ou une forte suspicion scannographique et présentant une hyposmie ou anosmie apparue avec l’infection et persistant au moins 1 mois après la fin des symptômes de la COVID-19.

L’objectif principal sera de vérifier si la rééducation olfactive permet une récupération de l’olfaction et si elle a une conséquence sur l’amélioration de la qualité de vie des patients. Dans un second temps deux techniques de rééducation seront comparées : une rééducation autonome du patient et une rééducation en groupe thérapeutique. 

Dans un tel enjeu de santé publique, la collaboration scientifique entre experts en neurosciences et olfaction, médecins et compositeurs d’odeurs, est de mise pour proposer rapidement un protocole de rééducation adapté dans un contexte de crise épidémique et sanitaire évolutif.