À la vie, à la mort : les parures corporelles au village néolithique de Ba’ja (Jordanie)

En quelques mots

Ce projet explore les parures néolithiques de Ba’ja (sud Jordanie) pour comprendre comment une communauté installée dans un environnement isolé a pu développer un artisanat d’une remarquable diversité, fondé sur l’usage de matières locales et de ressources exotiques provenant de régions lointaines.

PROJET DE RECHERCHE
de l'AXE 2

DATE : 2026

RESPONSABLE : ALARASHI Hala, CEPAM

DISCIPLINES : Archéologie-Préhistoire, Géochimie, Pétrographie, Malacologie

MOTS-CLÉS : Parure corporelle, Néolithisation, Artisanat, Réseaux d’échanges, Biographie des objets, Espace villageois, Accessibilités, Pratiques funéraires

Description du projet


CONTEXTE

La parure corporelle constitue un outil particulièrement pertinent pour étudier les sociétés passées dépourvues d’écriture. Cette catégorie singulière de la culture matérielle se situe à l’interface des systèmes technique, économique et symbolique qui structurent la vie des groupes. Elle offre ainsi un accès privilégié aux dynamiques sociales qui s’y déploient, notamment dans les périodes de profondes transformations.
Ce potentiel analytique prend toute sa mesure au Proche-Orient, où le processus de Néolithisation, fondé sur la sédentarité et la domestication, conduit à la fin du 8ᵉ millénaire av. n. è. à l’émergence de sociétés pleinement agropastorales. la sédentarité et la domestication, conduit à la fin du 8ᵉ millénaire av. n. è. à l’émergence de sociétés pleinement agropastorales. L’un des sites emblématiques de cette phase est Ba’ja, dans le sud de la Jordanie. Accessible par une succession de gorges étroites et escarpées, ce village fut établi à la fin de la période néolithique précéramique B (LPPNB) dans un bassin intermontagneux de la région de Pétra. Malgré cet accès contraignant, le site présente plusieurs unités architecturales agglomérées aux murs massifs, composées de bâtiments complexes multicellulaires, sous lesquels les niveaux inférieurs ont livré des sépultures individuelles, doubles ou collectives. Ces contextes funéraires se distinguent par la richesse exceptionnelle de leurs parures en pierres semi-précieuses, coquillages marins, nacre et ambre fossile. Un autre aspect saisissant de Ba’ja, bien que moins connu, est l’intensité des indices sur la diversité des activités artisanales. Ces activités touchent au domaine lapidaire et à l’exploitation de ressources locales (grès, silex, oxydes de fer), mais aussi de matériaux d’origine lointaine, tels que la nacre et les coquilles de la mer Rouge. Elles témoignent d’une connaissance fine des propriétés des matières et de savoir-faire adaptés à leur grande diversité.


OBJECTIFS

Comment une communauté installée dans un environnement isolé a-t-elle pu développer un artisanat à la fois intensif et diversifié, reposant en partie sur des matières premières exotiques provenant de plus de 150 km ? Cet isolement constituait-il un frein ou, au contraire, un moteur favorisant la mobilisation des ressources et l’intensification des interactions avec le monde extérieur ?
Ce projet vise à analyser l’ensemble des contextes archéologiques, funéraires et non funéraires, ayant livré des éléments de parure, afin d’aborder trois questions majeures :
  • Les parures funéraires relèvent-elles d’une production locale ou d’approvisionnements externes ?
  • Reflètent-elles des usages quotidiens ou des choix spécifiques au domaine funéraire ?
  • Quels réseaux, compétences et modes d’organisation ont rendu possible une telle production dans un site supposément isolé ?
En révélant les dynamiques techniques, économiques et sociales liées à la parure, ce projet propose un regard renouvelé sur la spécialisation artisanale au Néolithique et sur le rôle des villages du Levant dans les circulations régionales


MÉTHODE

En croisant l’étude des contextes funéraires et domestiques, il vise à identifier l’origine des matériaux, les savoir-faire mobilisés et l’ampleur des réseaux d’échanges qui ont soutenu cette production. L’analyse géochimique, pétrographique, technologique et tracéologique des objets est articulée à une réévaluation spatiale et chronologique du site afin de tester son enclavement supposé et de comprendre la structuration interne du village.
Le projet est intrinsèquement interdisciplinaire : il combine archéologie, géochimie, pétrographie, taxonomie, analyses technologiques et tracéologiques pour reconstituer la trajectoire complète des parures, depuis l’origine des matériaux jusqu’à leur usage et leur dépôt. Cette intégration méthodologique permet d’articuler données matérielles, contextes sociaux et dynamiques techniques, offrant une lecture globale des processus de création et de transformation des objets.

Interdisciplinarité et partenariats


RESPONSABLE DU PROJET

 


Hala ALARASHI, Chargée de recherche CNRS au CEPAM, Université Côte d’Azur


 





 

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PARTENARIATS

Niccolò Mazzucco (Univ. de Pise, Italie) et Bellal Abuhellalh (Univ. Hussein Ben Tallal, Jordanie), François Orange (Centre Commun de Microscopie Appliquée, Université Côte d'Azur, Valrose, CCMA) ; Christophe Matonti (GéoAzur, Observatoire de la Côte d'Azur, UMR 7329 CNRS - UR 082 IRD). Faustine Lequoy (étudiante M2 en 2026-27, UniCA).

Résultats et valorisation

Publications

À venir

Conférences
Diffusion de la recherche
ANR et autres financements