Patrimoine archéologique et risques environnementaux sur le littoral swahili : approches croisées – PARES

En quelques mots

Ce projet interdisciplinaire vise à documenter, cartographier et analyser la vulnérabilité des sites archéologiques situés sur la côte est du Kenya face aux effets du changement climatique, en particulier l’érosion côtière, la montée du niveau marin et l’intensification des événements extrêmes tels que les tempêtes et les inondations. Il s’agit d’étudier les transformations physiques et sociales de ces paysages patrimoniaux, tout en reconstituant leur histoire longue, à partir d’une approche combinant archives de fouilles, enquêtes orales et observations géoarchéologiques sur le terrain.

PROJET DE RECHERCHE
de l'AXE 2

DATE : 2026

RESPONSABLE : BALLARIN Marie Pierre, URMIS

DISCIPLINES : histoire, archéologie, géomorphologie

MOTS-CLÉS : Patrimoine côtier, Changement climatique

Description du projet


CONTEXTE

Du nord au sud, le littoral kényan fait partie de la côte swahilie, qui abrite un patrimoine multiculturel millénaire : les anciennes cités de la civilisation swahilie. Ces établissements historiques, situés le long du littoral et sur les îles, sont indissociables des structures coralliennes aujourd’hui menacées par le blanchissement des récifs. Bâtis en pierre de corail, terre rouge et mortier de chaux, leurs vestiges – mosquées, habitations, ports, palais, tombes et piliers commémoratifs – sont étroitement liés à l’environnement marin. Plus de 450 sites archéologiques swahilis ont été recensés sur près de 3 000 km de côte. Ces sites, déjà fragiles, sont aujourd’hui fortement menacés par le changement climatique, l’urbanisation rapide, des politiques d’aménagement peu coordonnées et une reconnaissance inégale de leur valeur culturelle. Bien qu’ils soient reconnus pour leur valeur patrimoniale et scientifique, les recherches sur ces sites côtiers ont jusqu’à présent peu abordé l’impact des changements environnementaux, notamment avec une approche croisée et diachronique. L’originalité du projet réside dans sa capacité à articuler des sources et des échelles de lecture jusqu’ici rarement combinées : archives de la recherche archéologique coloniale, prospections géoarchéologiques, documentation de terrain, et récits des communautés locales. Il ne s’agit pas seulement d’actualiser les données, mais de questionner la manière dont les sites ont été interprétés, transmis ou oubliés, en lien avec les dynamiques environnementales et les logiques de pouvoir. Le projet propose ainsi une approche critique du patrimoine côtier swahili, en intégrant à la fois les effets du changement climatique, les héritages du passé colonial de la recherche, et les enjeux contemporains de reconnaissance, de transmission et de justice patrimoniale.


OBJECTIFS

Ce projet interdisciplinaire vise à documenter, cartographier et analyser la vulnérabilité des sites archéologiques situés sur la côte est du Kenya face aux effets du changement climatique, en particulier l’érosion côtière, la montée du niveau marin et l’intensification des événements extrêmes tels que les tempêtes et les inondations. Il s’agit d’étudier les transformations physiques et sociales de ces paysages patrimoniaux, tout en reconstituant leur histoire longue.


MÉTHODE

Ce projet de recherche interdisciplinaire se situe au croisement de l’histoire, de l’archéologie, de la géomorphologie et de l’anthropologie. Il s’articule autour de quatre volets complémentaires :
  • travail de terrain 
  • recherches en archives (fonds photographiques, rapports de terrain…) 
  • enquêtes orales 
  • modélisation spatiale
Une première phase consistera à établir, en collaboration avec les institutions patrimoniales locales (notamment les NMK, branche de Fort-Jésus, Département d’archéologie), un inventaire des sites archéologiques côtiers les plus vulnérables. Leur sélection reposera sur des critères historiques et environnementaux, en croisant la littérature scientifique, les observations de terrain et des données spatiales récentes.
La seconde phase sera dédiée à une documentation interdisciplinaire de 5-7 sites sélectionnés, incluant : prospection géoarchéologique et cartographie des sites ; relevés photographiques et photogrammétrie avec une drone, pour documenter les transformations du littoral et des vestiges ; évaluer l’état de conservation des structures en pierre de corail (efflorescence, fissures, etc.). Ces données seront intégrées dans un système d’information géographique (SIG) pour modéliser l’évolution du trait de côte, les dynamiques d’érosion et les risques affectant le patrimoine.
Parallèlement, un travail approfondi sera mené dans les archives des premières missions archéologiques britanniques menées sur la côte kényane à partir des années 1950. Ces documents (rapports, carnets, plans, correspondances, photographies) permettront de reconstituer l’état des sites au moment de leur découverte, mais aussi les logiques scientifiques et institutionnelles qui ont présidé à leur étude. Enfin, des entretiens seront menés avec les membres des communautés locales ayant participé à ces campagnes (ouvriers, traducteurs, assistants). Ces témoignages permettront de restituer des savoirs locaux souvent non documentés, d’éclairer les pratiques archéologiques passées, et d’ancrer l’histoire des sites dans une mémoire partagée.

Interdisciplinarité et partenariats


RESPONSABLE DU PROJET

 




Marie-Pierre BALLARIN, Directrice de recherche IRD à l'URMIS, Université Côte d’Azur






Alexandra Bivolaru, Chercheuse postdoctorale IDEX, CEPAM,  Université Côte d’Azur





 

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PARTENARIATS

National Museums of Kenya, Fort-Jesus Museum, Mombasa,  Fisheries Marine Institute, Mombasa, Représentation IRD au Kenya, Alliance Française de Mombasa

Résultats et valorisation

Publications

À venir

Conférences
Diffusion de la recherche
ANR et autres financements